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ARTISTES

Yaron Herman

Yaron Herman

On m’a souvent demandé pourquoi je n’écrivais pas de texte dans les livrets de mes disques. Je crois que cela provient d’une conviction intime: la musique n’a pas besoin de mots pour être présentée ou décrite. La musique étant par essence un mélange subtil et explosif de rigueur intellectuelle (composition, improvisation, complexité, forme), de profondeur émotionnelle (liée à l’expression) et dans le cas particulier de l’improvisation j’ajouterais également le rôle indispensable joué par le geste physique qui est totalement lié aux deux éléments précédents car il doit s’exécuter dans l’instant réel comme une concrétisation physique d’un processus intérieur et mental. Quand on utilise des mots pour décrire ce processus de création, j’ai toujours l’impression qu’on arrive difficilement à exprimer les choses avec précision. Comment exprimer une émotion, un son, avec des mots? Devenir poète ? C’est certes une possibilité. Mais la musique contient déjà en elle-même cette poésie qui transcende les mots. C’est donc à cause des limites du langage que j’ai toujours préféré penser que la musique parlait d’elle-même. Elle n’avait pas besoin de moi pour la justifier ou l’expliquer…

Pourquoi vous écrire alors? Pour vous raconter l’histoire de ce trio et de l’album que vous tenez entre vos mains. Depuis deux ans, j’ai la chance et le plaisir de parcourir le monde avec deux musiciens exceptionnels. J’ai rencontré Gerald Cleaver à New York où nous avons brièvement partagé un appartement. Nous avons très vite découvert que nous avions la même vision du processus créatif et j’ai tout de suite senti que nous nous entendrions aussi bien musicalement qu’humainement. J’avais eu l’occasion d’admirer son travail de compositeur dans différentes formations et sa façon si personnelle d’aborder le rythme et le son. Il est un des batteurs les plus originaux et polyvalents d’aujourd’hui. Il cherche toujours une manière de toucher à l’essentiel et arrive à donner une forme extrêmement créative à la musique ce qui fait de lui un partenaire de jeu extraordinaire et toujours surprenant. Je partage ce même sentiment au sujet de Matt Brewer que j’ai d’abord croisé dans cette jungle virtuelle qu’est «myspace». C’était une découverte incroyable pour moi. Matt possède un des plus beaux sons de contrebasse que j’ai jamais entendu, immédiatement identifiable. Sa façon de jouer, lorsqu’il accompagne un soliste ou dans ces solos, est unique par son approche mélodique et rythmique et révèle une construction et une continuité hors du commun. C’est aussi un excellent compositeur comme vous pourrez le constater dans «Joya» et «And the rain». Dès la première fois où nous avons joué ensemble, j’ai réalisé le potentiel de notre trio. Quand nous avons enregistré «A time for everything», nous ne nous étions jamais encore produits en concert ensemble. Matt et Gerald se connaissaient de réputation mais n’avaient jamais joué tous les deux. Nous sommes partis à l’aventure et nous avons été ravis du résultat, tout en nous demandant comment notre musique évoluerait après des mois de tournées.

L’année qui a suivi nous a permis de mieux apprendre à nous connaitre et, au fur et à mesure des tournées, nous sentions que la musique prenait une autre dimension et s’intensifiait à chaque concert. Concerts qui n’étaient d’ailleurs jamais semblables. Tous les trois, nous estimons que la vraie essence du jazz n’est pas «playing it safe» mais plutôt d’essayer d’aller plus loin dans la musique à chaque fois. Ceci nous a permis de trouver notre propre univers et un son de groupe de plus en plus personnel. Une citation du philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein suggère que si : «On considère l’éternité non pas comme du temps infini mais comme l’absence du temps, alors celui qui vit dans le présent vit dans l’éternité». La recherche d’un improvisateur de jazz est particulièrement paradoxale car le jazz, et plus précisément l’improvisation, est par définition une musique de l’instant (composée et exécutée en temps réel) qui aspire à toucher l’éternel. Chaque moment est unique, il ne se répétera jamais, ce qui demande à l’improvisateur averti un degré de conscience aigu. L’artiste doit trouver les graines d’éternité qui se cachent dans ces instants éphémères. La sincérité devient essentielle. L’improvisation peut nous permettre justement d’atteindre ces instants magiques où le temps disparaît et au cours desquels nous sommes face à quelque chose qui est profondément lié au présent mais qui appartient également à l’éternel, au perpétuel, qui a toujours été là en réalité. Le temps extérieur s’efface comme dans un voyage et il ne reste plus que la musique. Comme disait Charlie Parker: «Now’s the time». C’est cette recherche interminable à laquelle nous nous livrons sur ce disque.

Je vous avais prévenu que je parlais bien mieux avec mon piano ! Il ne me reste qu’à espérer que ma musique, où que vous soyez, vous procure ne serait-ce qu’un instant ce que nous ressentons en jouant : le plaisir de l’absence du temps.

 

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